C’est un choix judicieux mais parfois contrarié par une certaine réalité économique. En prévision de la prochaine saison, le Fénix a orienté son choix de recrutement sur le vivier français. Ce vendredi matin, après la confirmation de Robin Kerdudo comme gardien, les signatures de l’arrière Mathéo Briffe et du gaucher Andréa Guillaume ont été annoncées. Le club toulousain veut intensifier cette orientation. En s’intéressant aussi aux jeunes éléments qui évoluent le plus souvent en équipe réserve. Le président Philippe Dallard (photo de tête) était tout indiqué pour évoquer le sujet.
Ces jeunes recrues françaises, c’est une volonté ou une opportunité ?
Les deux, mon capitaine ! (rires) Comme beaucoup de clubs français, cela fait longtemps qu’on essaie de recruter en priorité, des joueurs français. Il y a une acclimatation plus facile, ils sont connus car nos techniciens les suivent depuis longtemps, … Mais il faut reconnaître que depuis quelques années, la plupart des jeunes Français était financièrement inaccessible. Et la solution était de se tourner vers l’étranger.
Mais qu’est ce qui a changé ?
Aujourd’hui, nous sommes conscients qu’il faut valoriser notre propre formation et prendre les meilleurs talents chez les jeunes. Cela ne signifie pas qu’on va aller piller les équipes de France U19 ou U21. Quelqu’un comme Mathéo Briffe par exemple, nous suivons sa trajectoire depuis un moment et nous avons conclu un accord pour qu’il vienne à Toulouse, il y a deux ans. C’est un travail de longue haleine et pour nous, il représente ce qui va se faire de mieux sur le poste en France. Il va être une vraie solution avec Gonçalo (Vieira) et Brolin.
Pour Andréa Guillaume et Robin Kerdudo ?
C’est la même chose. Andréa est un peu plus âgé (27 ans) mais pur produit de la formation française, il joue dans le couloir droit et prend beaucoup de shoots. Pour le gardien, on a un peu subi la décision de Simon (Möller) de partir en Allemagne (Flensburg) et comme Jef (Lettens) est notre métronome sur le poste, l’idée est d’imaginer qui pourrait lui succéder. Là aussi, l’idée était d’aller chercher un jeune. D’où notre choix sur Robin. Il arrive de D2, il devra digérer l’écart de niveau.
Quid des jeunes qui sont déjà au club comme Sol ou Gougeon ?
Ils ont déjà été incorporés à l’effectif pro. Ce sont deux joueurs sur lesquels nous voulons compter. Nous verrons sous quelle forme. Cyprien Sol est un pivot d’avenir, Jules Gougeon est programmé pour évoluer avec les pros la saison prochaine. Ce qui compte, c’est l’équilibre de l’équipe.
Le recrutement est-il terminé ?
A priori… oui. Maintenant si une belle opportunité se présente…
Il n’y a pas de prolongation à des fins de contrat ?
Non. Erwin Feuchtman et Edouard Kempf vont nous quitter à la fin de la saison.
Les trois recrues du Fénix
C’est assurément un des joueurs les plus talentueux d’une génération (2000-2001) qui sur le plan international a été sevrée de compétitions de haut niveau en raison de la pandémie qui a perturbé la période. Mathéo Briffe (notre photo) est avant tout un pur produit breton, issu d’une grande lignée de handballeurs… bretons. Né à Vannes en janvier 2001, il a suivi la formation au Cesson-Rennes Métropole Handball avant de signer pro en 2023. Là où sont passés ses deux grands frères: Benjamin (l’aîné qui a également porté le maillot de Toulouse entre 2006 et 2011) et Romain (qui partageait le vestiaire cessonnais avec Mathéo jusqu’à l’an passé avant de mettre fin à sa carrière).
Ses principales qualités techniques ? Il défend dans toutes les positions, possède un puissant tir de loin et saute sans élan. Même si depuis la saison dernière, il n’a pas eu l’occasion d’exceller, handicapé par une fracture de fatigue aux deux tibias. Il s’est engagé sous le maillot du Fénix pour une durée de trois ans jusqu’en 2029.
Robin Kerdudo est de la même génération que l’actuel Cessonnais. Breton de Loire-Atlantique, c’est du côté de Rezé (banlieue nantaise) qu’il a commencé à s’illustrer (meilleur gardien de N1 en 2023) avant de rejoindre Valence et la Proligue. Dans la Drôme, il n’a fait que confirmer tout le bien que ceux qui lui font confiance, pensent de lui. Depuis le début de la saison, ses performances sont majuscules: avec un des meilleurs pourcentages d’arrêts (32,43%), il est en tête au classement des gardiens. Le joueur est aussi à l’aise sur le parquet que sur le sable puisqu’il fait partie de l’équipe de France de beach. Il sera Toulousain pour les deux saisons à venir.
La 3ème recrue annoncée est un ailier… gaucher qui peut même dépanner sur la base arrière. A 27 ans, Andréa Guillaume (photo ci-dessous) a déjà une belle expérience chez les pros puisque Toulouse sera son 5ème club (après Chartres sa ville natale où il a été formé, Saran où il a découvert la D1, Istres et Limoges son club actuel).
Ses qualités techniques ? Sa régularité dans la performance alliée à un physique puissant qui lui permet d’être agressif et impactant en défense. Il a signé pour deux ans dans la ville rose.
Par ailleurs, Romain Ternel, le responsable du centre de formation a commencé à imaginer les contours de l’équipe réserve de l’année prochaine. Plusieurs jeunes joueurs ont effectué des essais juste avant la trêve. L’actuel gardien de la N3 de Cournon d’Auvergne et de l’équipe de France des moins de 19 ans, Gabin Saltel a été recruté. Il remplacera Gabriel-Rarès Marchis qui ne prolonge pas.
