Au Fénix, Maxime Gilbert est la fidélité incarnée. Arrivé tout jeune stagiaire au centre de formation en provenance du pôle de Talence (33) en 2009, il n’a connu qu’un seul maillot comme joueur. Et la saison dernière, à 34 ans, perturbé par une nouvelle blessure, il a décidé d’arrêter sa carrière. Il était temps de penser à la reconversion que le club lui proposait en intégrant le staff toulousain à la tête de l’équipe des moins de 15 ans et comme adjoint de Romain Ternel au centre de formation et en N1.
Bientôt 17 années de fidélité au Fénix, c’est assez rare pour être signalé…
Et pourtant quand je suis arrivé, je ne me suis jamais dit que j’allais rester aussi longtemps. Avec le recul, je sais que j’ai pris la bonne décision. Quand tu as progressivement des responsabilités dans l’équipe, que tu t’y sens bien, que tu construis une famille autour, il n’y a pas de raison de changer d’endroit.
Tu n’as jamais eu de propositions ?
Bien-sûr que si mais jamais plus intéressantes que ce que j’avais à Toulouse.
Fidèle et… gentil. Un trait de caractère qui t’a peut-être desservi ?
Il faut dire qu’au début, je n’étais pas prêt à la compétition. Même en équipe de France Jeunes (génération Porte-Mahé-Grébille), je n’ai jamais voulu me mettre en avant. Je ne suis pas un… sanguin. Par contre, avec l’âge, j’ai appris à endosser un rôle où tu n’es pas forcément gentil. Il n’y a qu’à demander à certains de mes adversaires. Je ne suis pas sûr d’avoir été le plus agréable à jouer (sourires).
12 ans pro à Toulouse, que reste-t-il comme souvenirs ?
Ouh là ! Il y en a plein. Je parlerai surtout d’étapes. L’arrivée de Jérôme Fernandez (capitaine multi-titré et emblématique de France A – revenu à Toulouse en 2011) m’a fait comprendre ce qu’était le haut niveau. Il a apporté son expérience, sa rigueur et nous a indiqué quelle voie il fallait prendre. D’autres joueurs m’ont marqué. Je pense à Miha Zvizej (pivot slovène). J’avais 21-22 ans et je côtoyais des gars comme lui, totalement dédiés à leur pratique. Cela a été un vrai déclic en me persuadant que c’était un vrai métier.
Une saison particulière ?
Autour de 2017. On ne terminait pas encore dans le top 4 ou 5 mais on avait un groupe hyper solidaire avec une vie de vestiaire très intense. On se disait les choses en face sans que cela dérape. Parmi les mauvais souvenirs, il y a bien-sûr les blessures.
Fin de saison dernière… Tu décides de stopper ta carrière de joueur…
Oui, après la rupture de mon 2ème croisé (octobre 2023), je suis revenu très difficilement physiquement. Je n’arrivais pas à retrouver mon niveau de performance. Je reprends… cela ne va finalement pas trop mal et l’an passé, en février, je suis victime d’une rupture d’un tendon d’Achille. Là, j’ai dit stop !
Se pose la question de la reconversion…
J’avais dans l’idée de m’orienter vers l’enseignement comme prof d’EPS. Lorsque plus jeune, j’étais à la fac, cela m’avait plu mais je n’avais pas pu suivre le Master parce que je passais pro. Au début de l’été, le club m’a proposé d’intégrer le staff sur le centre de formation. Ce n’était pas du tout prévu dans mon esprit, j’ai pris le temps de la réflexion et j’ai accepté.
Le CF mais aussi les moins de 15…
Je ne connaissais pas du tout cette catégorie et je me suis vite rendu compte de son importance. C’est la charnière, la période où le jeu change vraiment. Où les jeunes basculent dans un autre univers.
Quel genre d’entraîneur es-tu et que t’apportent ces jeunes ?
Je suis beaucoup dans l’échange. Il ne faut pas que tout vienne d’en haut. Ce sont aussi des ados, il faut savoir gérer les émotions et je n’y étais pas habitué. Ce sont des jeunes en pleine croissance qui ne sont pas forcément à l’aise avec leur corps et je dois m’adapter à toutes les situations qui se présentent. Être « mis à poil » face à des comportements et réfléchir aux solutions, est très enrichissant.
Et ton rôle auprès de Romain Ternel ?
Je suis là avant tout pour le décharger de certaines missions qu’il assumait seul. On va aussi les optimiser. Cela passe par la mise en place d’un vrai lien avec l’association. Il y a également une relation à intensifier avec les pôles. Celui de Toulouse mais aussi, celui de Talence. Sans oublier les clubs de la périphérie. La D1 du Fénix a besoin d’un CF performant dans un contexte économique de plus en plus difficile.
Comment te projettes-tu dans la décennie à venir ? Coach en D1 ?
Non, pour l’instant, ce qui m’intéresse vraiment, c’est la formation. Mais comme dans ce métier, tout va très vite, je ne ferme aucune porte. N’oublions pas que je débute comme entraîneur. C’est un métier passionnant mais aussi contraignant où on ne compte pas ses heures. Au fil du temps, il y aura peut-être des opportunités à pouvoir bouger. Je verrai sur le moment.
