Pour le Fénix, le rideau est donc tombé sur le championnat de D1 masculine version 2025-2026. Après une ultime confrontation face à Cesson-Rennes et un succès (31-28) qui a été long à se dessiner et qui ne restera pas une référence dans la mémoire collective. Les Toulousains clôturent l’exercice à la 7ème place (non européenne) avec un bilan de 15 succès, 1 nul et surtout 14 revers. Un passif inhabituel tant les trois dernières saisons avaient été prolifiques. Trop souvent sur la corde raide, la 12ème masse salariale de l’élite du handball français coachée encore pour un an par Danijel Andjelkovic, n’a cette fois, pas tenu la distance.
Danijel, le bilan doit-il être synonyme de frustration ?
C’est sûr que ce n’était pas l’objectif qu’on s’était fixé mais compte tenu de nos moyens, cela reste correct. Il y a eu le départ de Casper (Kall, le demi-centre suédois) en août, les blessures sur le poste d’arrière gauche (Vieira et Brolin) et malgré cela, on a gardé le contact une grande partie de la saison.
Vous terminez avec une moins bonne attaque mais une meilleure défense que les deux précédentes éditions…
On a toujours soigné ce secteur avec des joueurs très expérimentés. Nos gardiens ont été performants en 1ère partie de saison. Pour l’attaque, c’est vrai, cela a été moins bon.
Comment l’expliquer ?
Si j’avais eu la solution, je l’aurais immédiatement appliquée. On a essayé plusieurs méthodes mais des joueurs, notamment sur la base arrière, ont manqué d’efficacité. Et je le redis, on n’a pas été épargné par les blessures.
Il faudra à nouveau composer dès le mois de septembre avec d’entrée quelques problèmes à résoudre… Tout d’abord, la décision de Romain Giraudeau d’arrêter sa carrière…
Ce n’était pas prévu, c’est vrai mais on ne va pas aller chercher quelqu’un d’autre à l’extérieur. On va faire confiance à un jeune du club.
Un nom revient… Zachary Dermigny (notre photo), ailier droit de la réserve (qui évolue en N1)…
On va l’intégrer, l’accompagner dans sa progression et sur le poste, ce sera le binôme d’Andréa Guillaume (transfuge de Limoges). A 19 ans, « Zach’ » a un potentiel très intéressant.
Vous recrutez l’arrière de Cesson, Mathéo Briffe qui n’a été aligné qu’à 6 reprises cette saison. Il est encore loin de son meilleur niveau, n’est-ce pas inquiétant ?
Quand on l’a signé, il était en pleine puissance. Après, est-ce qu’il sera au top de sa forme le 20 juillet (date de la reprise) ? J’aimerais bien… Je vais l’appeler dès lundi et on fera le point. Il faudra certainement mettre en place une préparation spécifique pour qu’il retrouve un bon niveau.
Il te reste un an de contrat, une discussion avec le président Philippe Dallard est-elle programmée?
On doit se voir avant que je parte en vacances le 24 juin.
Une décision sera-t-elle prise à ce moment-là ?
Non mais je sais à peu près ce qu’il pense… On verra tout ça calmement.
De ton côté, as-tu envie de prolonger ?
Quand on reste autant de temps (17 saisons cumulées comme joueur et dans le staff) dans un même club, c’est important. Toulouse, c’est ma maison.
Il y a peu, on te prêtait des envies de Bundesliga…
Justement… Pourquoi changer si la proposition et le niveau sont équivalents au club de Toulouse ? Je ne suis qu’au début de ma carrière d’entraîneur ! Ce qu’on a créé ici est super, très enrichissant. Avec le président, la confiance est mutuelle et il me permet de faire ce dont j’ai envie. Les moyens sont peut-être limités par rapport à d’autres mais ce qui existe est énorme.
Quand aimerais-tu être fixé sur ton avenir ?
Je n’ai pas de date. Le plus tôt serait le mieux.
Toulouse a fait grandir "Edou"
Pour Edouard Kempf, ce samedi était une soirée particulière. La dernière où il portait les couleurs du Fénix. Et même s’il a suivi le succès de ses partenaires depuis la tribune, l’émotion était à son comble. On n’efface pas six saisons d’un revers de manche. « Je ne vais garder que les bons souvenirs. Au cours d’une carrière, il y a des hauts et des bas et je ne veux pas me focaliser sur le négatif. J’aurais beaucoup de personnes à remercier, d’abord tous mes coéquipiers… On a passé ensemble de super moments. » Débarqué sur les bords de la Garonne en juillet 2020, l’Alsacien de naissance, en provenance du prestigieux PSG, a vite trouvé sa place dans l’équipe toulousaine. « C’est une vraie fierté d’avoir effectué autant de matches ici. J’arrivais du PSG où j’avais fait quelques éclats mais c’est tout. Toulouse m’a permis de grandir. Rien n’est acquis et il faut que je continue de travailler. » L’humilité et la discrétion sont à la hauteur du personnage. Après des vacances bien méritées, il ralliera Chartres pour écrire une nouvelle page. « J’ai vraiment hâte de débuter là-bas. L’équipe reste en 1ère division, il y a un très beau projet. C’est un club qui m’a tendu la main à un moment où il n’y avait pas beaucoup de sollicitations, je suis très enthousiaste de me lancer dans cette nouvelle aventure. » Dans l’Eure-et-Loir, ‘’Edou’’ retrouvera son pote de toujours, champion du Monde U21 comme lui en 2019, Gaël Tribillon. « C’est le clin d’œil sympa car c’est lui qui m’a accueilli à bras ouverts ici à Toulouse et je sais qu’il va le faire de la même façon à Chartres. On va tout faire ensemble pour que la mayonnaise prenne et vivement la mi-juillet et la reprise avec Thierry Anti (le nouveau coach). » A 28 ans, le gaucher n’a pas fini de promener son gabarit de poche sur tous les parquets de France.
