On pourrait même se demander pour quelles raisons, l’idée n’a pas germé plus tôt ? A la prochaine rentrée, le lycée Raymond Naves (Toulouse) accueillera la 1ère section sportive féminine handball de son histoire. Une promotion de 22 jeunes filles (sur 60 dossiers de candidature et 30 en détection) réparties sur trois types de classe (9 en seconde, 6 en 1ère, 7 en terminale) et dirigée par Benjamin Vallée (photo ci-dessous) qui depuis un an, a pris la suite de Frédéric Pérez à la tête de la section masculine. L’héritage était lourd à assumer, tant les résultats avaient été jusque-là, très positifs. Le bilan 2025-2026 avec un titre de vice-champion de France UNSS est on ne peut plus satisfaisant. C’est sur cette dynamique que le projet féminin a pris forme. « A la base, il y a une vraie demande des joueuses regroupées au sein de l’AS (Association Sportive), intéressées par ce qu’on faisait à un niveau plus élevé avec les garçons en section. Ensuite, l’idée a fait son chemin au lycée et au sein du club support.» C’est en effet une obligation légale pour toute section sportive, d’être parrainée par un club référent. Le Fénix Toulouse pour les garçons et désormais donc, le Toulouse Féminin HB / Félines pour les féminines. « C’est du gagnant-gagnant car chacun y trouve son compte. Les joueuses viennent de divers horizons et pas uniquement du TFH. Si une d’entre elles a besoin d’évoluer à un niveau supérieur, en 17 Nat ou N3 et que sa structure d’origine n’offre pas cette possibilité, autant se retrouver par la suite, dans le club support.» La surface du lycée Raymond-Naves n’étant pas extensible, il a fallu que toutes les parties prenantes fassent preuve de bon sens pour organiser l’installation de cette nouvelle entité. « Ce sera calé sur le même volume horaire que les garçons soit 3 séances sur la semaine (dont une consacrée à la prévention de blessure selon la typologie du sport féminin). L’avantage, c’est qu’on pourra utiliser le gymnase Jean Weber. Le mercredi après-midi, en récupèrant la tranche de l’AS qu’on va délocaliser, et le vendredi à midi. » La cohabitation souvent décriée avec le pôle serait-elle en voie de normalisation ?
C’est un fait établi, à Naves, les deux secteurs (Pôle et Section) ne bénéficient pas des mêmes moyens même si lors des trois dernières saisons, les résultats sportifs sont par exemple, en faveur de la section masculine. « Ce sont deux objectifs différents. En section, celui qui n’est pas admis une année, pourra se représenter l’année suivante car on garde un suivi sur l’évolution de chacun. Ensuite, on privilégie la culture du handball… Être capable d’aller chercher des centres de formation et des centres d’entraînement post-bac, comprendre le jeu sur l’adaptabilité collective. L’aspect individuel est moins exacerbé contrairement à la filière fédérale.» La création de la section féminine ne va pas alléger l’emploi du temps déjà bien rempli de Benjamin Vallée. « C’est vrai, c’est extrêmement chronophage, j’y passe plus d’heures que je suis sensé consacrer mais c’est passionnant. Et puis j’aurai le renfort des coaches du club support (comme Bastien Amblard, Benoit Aucoin et Aurélien Coussegal).» La rentrée de septembre est attendue avec une certaine impatience avec une feuille de route déjà tracée. « Il faut rester humble mais dès la 1ère année, si les filles se qualifient au « France », ce sera un très bon point. Après, on peut rêver à aller chercher plus loin (rires).»
