Depuis fin novembre, les adeptes du beach en Haute-Garonne disposent d’un vrai terrain ensablé, à l’extérieur, sur un ancien court de tennis, au CREPS de Toulouse. La ligue Occitanie n’a pas attendu très longtemps pour organiser une 1ère journée de détection avec des jeunes issus des clubs du département. Tout un dimanche, quinze garçons et treize filles se sont familiarisés avec les règles assez particulières de la discipline et ont été invités à abuser des « kung-fu » et des « spinshots » (360°). La plupart en chaussettes ou pieds nus, le retour à la civilisation de la chaussure a été plutôt délicat. « J’avais déjà testé par le passé et cette journée, c’était une bonne occasion de se remettre en piste sur le beach, témoigne Lisa qui évolue habituellement en N1 avec « Les Félines ». Le beach est plus ludique que le hand à 7, c’est véritablement un autre sport. Mais ma priorité reste sur l’indoor. » Mêmes sensations de confort et de plaisir pour Andy, ailier des U18 de l’AS L’Union. « J’avais déjà été en sélection de la Haute Garonne. C’est vraiment top car les sensations sont différentes. C’est intensif, il faut toujours être en mouvement, toujours attentif, il y a de la musique, ça met l’ambiance, c’est vraiment génial. Ça me plairait bien d’intégrer l’équipe d’Occitanie et de participer aux compétitions. » Justement ce rassemblement dominical a été organisé dans cette optique.
La ligue régionale veut générer de nouvelles vocations et étoffer ses équipes. « Essentiellement pour participer à la coupe de France des territoires des U18 qui aura lieu début juillet, précise Caroline Desbonnet, la responsable beach en Occitanie. Nous proposons aussi, la pratique à de jeunes adultes qui disputeront eux, le Beach Handball Tour et nous sommes là pour les orienter et les entraîner. »
Après avoir raté à plusieurs reprises le wagon du beach, par manque d’ambition et excès de frilosité, la Fédération ne se mord plus la langue lorsqu’elle aborde le sujet du beach. Notamment pour étalonner ses sélections (féminine et masculine) avec ce qui se fait de mieux en Europe. « Le beach, c’est ludique mais c’est avant tout compétitif. On se rend même compte que la population qui s’intéresse à la discipline est beaucoup plus jeune qu’avant. Maintenant, on a des ados de 12, 13, 14 ans qui frappent à la porte. » Et pour les accueillir et bien les encadrer, il faut des éducateurs, des cadres techniques et surtout, des infrastructures.
Terminée l’image figée du terrain de beach en bordure de mer ou d’océan. Il suffit de trouver une aire de 33×18, 200 tonnes de sable siliceux, lavé et dépoussiéré, des cages en alu, des filets, les bandes pour délimiter le terrain, les ballons, et n’importe quelle commune peut offrir aux « beachers », ce qu’ils recherchent. « Je quadrille tout le territoire pour essayer d’implanter des terrains un peu partout. A Toulouse, après le CREPS, on est en train de démarcher autour des lacs, à St Ferréol par exemple, on est aussi en discussion avec des villes comme Pechbonnieu. Nos interlocuteurs nous demandent souvent comment faire vivre une telle structure. C’est un peu le frein car la plupart pense que c’est utilisé de façon ponctuelle et on doit leur démontrer que le beach handball se pratique toute l’année.» Séduction des communes mais également des clubs dont certains sont totalement réfractaires.
Et leurs entraîneurs d’évoquer les saisons interminables et donc éprouvantes pour leurs joueuses et joueurs avec un risque accru de blessure sur une surface aussi meuble. «On ne se blesse pas plus au beach qu’au hand à 7, rétorque Caroline Desbonnet. Notre objectif est aussi de ramener des licenciés qui ne fassent plus que du beach comme cela se fait beaucoup dans d’autres pays. En France, c’est le cas à Montpellier. » La machine « Beach » est sur de bons rails… prête à concasser le moindre grain de sable.
