Championnat du Monde féminin et fin d’année civile obligent, depuis le 15 novembre, les « Félines » n’ont pas renoué avec la compétition officielle, excepté un tour de coupe de France (perdu) face à Bergerac. Avant la trêve, cette 1ère partie de saison en N1 féminine est mitigée avec quatre succès pour autant de défaites. Avec de bonnes stats en défense mais une attaque (la plus mauvaise de la poule) qui laisse vraiment à désirer. « Des ballons sont récupérés en défense, il y a des arrêts de gardienne mais derrière, on ne les exploite pas, peste le coach Stéphane Pellan (photo de tête). Avec toujours les mêmes maux que la saison dernière, les pertes de balle et un manque d’efficacité au shoot. On est sur un groupe qui est plus jeune que l’an passé, et ce n’est pas évident à la fois de gérer temps forts et temps faibles et valoriser ce qu’on fait de bien. » D’où un objectif qui cette saison ne va pas plus loin que le maintien. « L’idéal serait de se mettre très vite à l’abri pour pouvoir préparer la suite. »
La suite s’inscrit dans le projet « Félines », rapprochement en août dernier, des clubs du TFH, du CRAHB et de Quint-Fonsegrives. « L’idée est surtout d’avancer, de construire, de fédérer autour de ce projet d’entente. J’ai vécu par le passé, dans ce domaine, des situations qui ne sont pas allées au bout. Je connais donc les pièges dans lesquels il ne faut pas tomber. Ce qui est important, c’est que tout le monde aille dans la même direction. A partir du moment où les dirigeants mais aussi les éducateurs sont partants, il n’y a pas de raison qu’on ne puisse pas avancer. » Premier effet de cette association, une 4ème séance d’entraînement a pu être dégagée sur Quint pour l’équipe 1. « L’intérêt aussi, est de créer une identité collective. On raisonne désormais à l’échelle du territoire et non plus du club même si chacun garde son identité. » La formation fait également partie de l’ADN de la structure mais il est essentiel de progresser pour conserver un talent prometteur.
Un retour en D2 sera, dans les deux ans à venir, le prochain objectif. « Tant qu’on sera en N1, valide Stéphane Pellan, les meilleures joueuses qui sortent du Pôle chercheront à partir en centre de formation. A nous de fidéliser celles qui ne trouveraient pas chaussure à leur pied mais qui ont un réel potentiel pour évoluer au plus haut niveau. C’est pour cela que la question est posée dès les moins de 17. Si la joueuse veut faire de la performance, elle intègre le projet, sinon, elle n’est pas au bon endroit. » Si la structure ‘’Félines’’ est désormais sur de bons rails, l’attente se fera désormais sur les résultats sportifs.
Yasmine Massa, capitaine et grande sœur
En 2017, Yasmine Massa sortait à peine du pôle et vivait à Toulouse, une saison d’apprentissage en N1. Aux côtés des deux Julie, Soubies et Legatindji. Après avoir connu le plus haut niveau à St Amand-les-Eaux (Nord) et Octeville (Seine Mme) et vécu une expérience plutôt malheureuse d’une liquidation judiciaire à Fleury-les-Aubrais (Loiret), elle est revenue dans la ville rose, il y a deux ans et demi. Chez les Félines, « Yas », c’est la capitaine mais aussi la grande sœur au grand cœur.
Flash-back. Ce retour à Toulouse était-il programmé ?
Pas spécialement. Je suis à Fleury et en octobre 2022, pendant que je dispute la CAN avec le Congo, j’apprends que le club va cesser son activité professionnelle. Je suis licenciée, je reviens m’entraîner à St Amand et là, il y a eu un alignement des planètes car Toulouse m’a appelé. C’était l’occasion de me rapprocher de ma famille et de reprendre les études.
Le projet « Félines », quand en entends-tu parler ?
La saison dernière. Il y a des bruits de couloir avec l’idée d’une entente potentielle entre le TFH et des clubs de la proximité. J’adhère totalement car je suis convaincue que c’est le seul moyen d’accéder à la D2 et à la D1. C’est dommage que des filles formées au pôle Espoirs soient obligées de s’expatrier pour connaître le haut niveau.
Est-ce que tu te sens féline dans l’âme ?
(sourires) Oui, tout à fait. Une féline c’est quelqu’un qui va au combat, qui sort les crocs et les griffes pour arracher les victoires.
Le 1er étage de la fusée « Félines » c’est la montée en D2…
Déjà, à titre perso, je n’ai jamais vécu pleinement une montée. J’étais à St Amand lorsqu’il y a l’accession à la D1 mais c’était en plein Covid, la saveur est différente. Et là, j’aimerais qu’on y arrive rapidement.
Le plus important est de rester au top niveau…
Pour que cela se passe bien, il faut qu’il y ait déjà un bon groupe. Regarde Pessac. A l’issue de la 1ère saison en D2, elles terminent 2èmes au classement. L’entente dans un groupe, c’est très important. C’est ce qu’il faut arriver à faire avec les Félines. Pérenniser un effectif avec des cadres qui sont à l’écoute des plus jeunes pour mieux les intégrer.
Ton rôle de capitaine te confère cette mission…
J’aime bien transmettre, donner cette grinta au groupe. Mais aussi être attentive à chaque personne. Il faut avoir de l’empathie, être là pour les filles et leur transmettre le goût du travail, la rigueur et l’envie de gagner.
