Téo Jarry a appris la patience

Prendre son mal en patience… L’expression n’a jamais autant fait sens dans le quotidien de Téo Jarry depuis qu’en fin de saison dernière, face à Dunkerque, il a été victime d’une rupture des ligaments croisés du genou droit. Immobilisation, opération et rituel immuable de tout sportif convalescent. Entre doute parfois mais surtout, envie de revenir encore plus fort sur le devant de la scène, lui qui a prolongé son bail avec le Fénix jusqu’en 2028 et fêté sa 1ère sélection en équipe de France « A ». Sept mois se sont écoulés. L’occasion pour nous, de prendre des nouvelles de ce pur produit toulousain. 

Salut Téo, comment sont rythmées tes journées ?
Elles sont longues et assez répétitives, c’est beaucoup d’efforts avec le kiné, le préparateur physique, il faut tout revoir la ‘’proprio’’, la forme physique, les appuis, la course, ça peut paraître rébarbatif mais il faut passer par là pour la suite.

T’es-tu toi-même surpris par rapport aux efforts consentis ?
Par la force des choses, j’ai découvert une nouvelle méthode de travail qui suscite des exigences, des appréhensions aussi, il faut apprendre à tout gérer, savoir s’écouter tout en restant à la limite pour éviter un risque de rechute. La muscu par exemple, ce n’est pas un domaine qui me procure le plus de plaisir (sourires).

Cette blessure est arrivée à un mauvais moment…
C’est vrai que sur le coup, je descends de mon petit nuage et je me dis « pourquoi moi, pourquoi maintenant ? » Mais après, est-ce qu’il y a un bon ou un mauvais moment ? Il y a bien-sûr une part de frustration par rapport à tout ce que j’ai vécu de positif jusque-là mais je dois m’en servir pour mieux revenir.

En tout cas, le club lui, n’a pas dénoncé l’intérêt qu’il te portait…
La prolongation jusqu’en 2028, c’est aussi une sécurité. Là, depuis la blessure, je ne brûle aucune étape et je n’ai pas la pression du contrat. Ça me permet d’être focus sur ma guérison et retrouver le niveau de perf que j’avais.

Es-tu plus rigoureux sur certains aspects ?
Je suis quand même resté le même, un peu tête en l’air, toujours autant passionné par le hand. Bon, c’est vrai, j’essaie d’être plus à l’écoute de mon corps, ressentir un peu plus les fatigues, les gênes. J’ai aussi appris à relativiser pas mal de choses. Pendant la convalescence, on est amené à croiser dans les centres, des personnes qui sont dans des situations bien plus préoccupantes que la mienne.

Tu t’es aussi investi dans le coaching, notamment auprès des moins de 17 du Fénix*…
J’ai un parcours un peu atypique. Je ne suis ni passé par le pôle, ni par les équipes de France jeunes…

… la cicatrice est toujours béante ?
Non et c’est ce qui fait ma force aujourd’hui. Cela me permet de faire comprendre aux jeunes qu’il n’y a pas qu’un seul chemin pour arriver aux objectifs. Que tout est possible par le travail. Coacher, ça me permet de garder le contact direct avec le terrain. Et puis, je fais ça par amour pour le club, je veux transmettre les valeurs qui m’ont été apprises.

Qu’est ce que ces jeunes t’apportent ?
Beaucoup de joie, de la frustration parfois car il faut arriver à assimiler la mentalité de chacun, il faut les amener à se dépasser…

 … Justement quel style de coach es-tu ?
Je suis plutôt exigeant dans l’investissement qui doit être mis. Il faut qu’ils se rendent compte que c’est un milieu très difficile. Quand on met tous les ingrédients, on existe et on arrive à performer.

C’est la période des vœux, que peut-on te souhaiter ?
Déjà, pas de complications pour le genou, que cela suive son cours, je ne vais pas me précipiter, justement pour un retour dans d’excellentes conditions. Et comme entraîneur, participer au développement de jeunes passionnés dans ce qu’ils aiment, sans être trop sur leur dos. Leur donner les bons outils pour atteindre les objectifs.

* Téo coache cette équipe des moins de 17 du Fénix sous la responsabilité d’Aurélien Fayet. 

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