Zoé Scolari ou la passion du jeu

Derrière l’ailière de la N2 du Tournefeuille HB se cache une coach motivée et passionnée qui a fait de la formation, un véritable sacerdoce. Au sein du 1er club amateur français qui recense près de 700 licencié(e)s (39% féminines) et 26 équipes compétitives. 

Au Tournefeuille HB, le mot  « résignation » a été banni du vocabulaire ambiant. Au plus haut niveau, aussi bien en N3 masculine qu’en N2 féminine.

Du côté des filles, le début de saison a pris les allures d’une vraie galère. Cinq échecs d’affilée, une éclaircie face au dernier Mont-de-Marsan, une rechute de trois défaites mais une reprise en janvier qui est plutôt encourageante. L’équipe managée par Tanguy Verove a mis fin à l’hémorragie et reste invaincue en ce début d’année civile (une victoire et un nul). De quoi redonner le moral à un groupe qui l’avait perdu. « C’est vrai qu’au fil de ces matches, le doute s’était un petit peu installé, avoue Zoé Scolari, mais il faut se rendre à l’évidence sans trop chercher d’excuses pour expliquer notre mauvaise série. Il y a eu des changements à l’intersaison avec le départ de joueuses majeures (les buteuses Ines Ségur et Elyne Massé et la gardienne Malvina Apendi Nzila) et la nécessité d’incorporer des jeunes du pôle. Tout était à reconstruire ou presque. Les résultats n’ont pas été au rendez-vous mais à partir de cette position de dernières au classement, on s’est dit qu’on ne pouvait que progresser. Il n’y a pas la pression de la performance même si la descente peut être l’ultime sanction.» Pas question de se décourager pour l’ailière gauche arrivée au club la saison dernière en provenance de Brest.

La ‘’petite’’ est tombée dans le chaudron dès le plus jeune âge. Du côté de Montargis dans le Loiret puis à Brest-Bretagne, dans une des meilleures structures françaises. « J’aurais pu rester là-bas mais j’ai décidé de suivre mon père. » A 52 ans et après dix saisons passées au BBH, Réginald Scolari a accepté le nouveau challenge de directeur sportif du Tournefeuille HB. La formation fait partie de son ADN et cela a déteint sur sa fille. « D’avoir mon père à mes côtés, c’est un énorme avantage car il m’apporte beaucoup sans vraiment peser sur mes choix. Il est toujours à l’écoute avec le recul nécessaire. Il conseille sans imposer. » Car c’est vers le coaching que Zoé s’est très vite orientée. Titre 4 en poche, elle suit depuis la rentrée le module – former les jeunes – du titre 5 et son contrat à temps plein au THB lui permet d’intervenir au sein de l’école de hand mais surtout de manager les moins de 17 garçons (avec Cléofé Da Silva). Du haut de ses 20 printemps. « C’est vrai que ça m’apporte beaucoup d’expérience et cela me rapproche du haut niveau même si ce sont des jeunes et que ça reste à l’échelon régional. J’ai la chance d’avoir un groupe qui a véritablement adhéré à ma manière de faire. Plus que de développer la technique, je préfère qu’ils donnent du sens à ce qu’ils produisent sur le terrain. A l’entraînement par exemple, j’essaie de les mettre en difficulté pour qu’ils se creusent le cerveau à trouver des solutions. » L’intéressée est pleinement investie et l’encadrement de ces jeunes en devenir l’emporte sur toute autre activité.  « Tant pis si un week end, je dois rater un match avec la N2, m’occuper de mon équipe U17 est la priorité. » Une équipe où la saison prochaine, elle pourrait voir débarquer Noa, son frère de cinq ans son cadet. « Je ne suis pas sûre que ce soit un avantage (rires). Si je dois le coacher, je ne sais pas si cela va bien se passer. Je suis la grande sœur et j’ai toujours été un peu plus exigeante avec lui. Mais je ne l’ai encore jamais entraîné. » Avec Noa, Zoé et Réginald, la famille Scolari n’a pas fini de marquer l’histoire du THB.