Dans l’euphorie d’un succès toulousain qui fait inévitablement du bien, plusieurs images se bousculent dans les têtes. Laquelle retenir ? Le bras gauche d’Andréa Guillaume (notre photo) qui ne faillit pas pour crucifier Christoffer Bonde, l’excellent gardien nantais à une poignée de secondes de la fin ? Ce 3ème arrêt (le 2è sur 7m) de Robin Kerdudo parfaitement au diapason d’un Jef Lettens impérial (9 parades à des moments très opportuns) ? L’activité dans le couloir droit d’un Kojadinovic, harceleur, passeur, buteur ? Le culot de Jules Gougeon ou l’opportunisme de Mattéo Briffe ? L’expérience de Goncalo Vieira ou de Nemanja Ilic ? Non, ce succès du Fénix en terre ligérienne (29-30) est à mettre sur le compte du collectif. Sur le compte d’une équipe qui avait beaucoup à se faire pardonner tant son début de saison a été pitoyable. Et Greg Cojean avait senti le coup. Il avait mis en garde ses joueurs sur la probable réaction toulousaine. Celle de la bête blessée qui décomplexée, trouve des ressources insoupçonnées pour sortir la tête hors de l’eau.
En 2019, Danijel Andjelkovic était encore l’adjoint de Philippe Gardent lorsque le Fénix était venu s’imposer à la H Arena. Sept ans (et un nul en 2023) que l’exploit n’avait pas été réalisé. Laps de temps pendant lequel les deux formations ont progressé. Toulouse avec ses (petits) moyens, Nantes avec des ambitions XXL.
Cette victoire ne s’est pas seulement dessinée dans le money-time lorsque la suffocation enveloppe toute la salle mais dès l’échauffement. Regards déterminés tournés vers un seul et même objectif. Jamais Toulouse n’a été à la traîne. L’équipe n’a pratiquement pas connu de temps faible. Les infériorités numériques (en milieu de 1ère période) ont été à chaque fois, parfaitement bien gérées. Et quand dans le périmètre nantais, le gardien danois s’est signalé, Jef Lettens n’a jamais été très loin pour soutenir la comparaison. Le Fénix en mode « warrior » peut se montrer irrésistible. La prise de pouvoir marquante survient à l’entrée du dernier quart d’heure. Kojadinovic vient d’indiquer le sens de la marche (21-21). Dans son sillage, ses partenaires se montrent rigoureux, affamés sur tous les ballons, en défense, en attaque et passent un 4-0 en six minutes ! Nantes est en souffrance, seul Briet trouve des solutions pour riposter. Le génial public de la H Arena retient son souffle et exulte lorsque l’Espagnol Garcianda égalise. Il reste moins de 4 minutes lorsque le même Briet, coupable d’un mauvais geste involontaire se voit invité à regagner les gradins. Les deux équipes ne se font aucun cadeau mais dans les derniers instants, même en sous nombre après l’exclusion temporaire de Hugo Jund, c’est Toulouse qui trouve la faille et met fin à 4 ans d’invincibilité nantaise dans son antre fétiche.
Le Fénix prend ses deux 1ers points de la saison en championnat. Cinq journées après une probante qualification en coupe de France. On ne va pas oublier les trois faux pas de l’entame mais cette nouvelle série demande à être poursuivie. Et cela passe par un autre succès, dimanche prochain (à 18h) au Palais des Sports face à Chartres. Surtout qu’ensuite, il faudra se déplacer à Paris, rendre visite au PSG !
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