Ciel bleu sans nuage sur les côteaux de Pechbonnieu. Les joueuses de N3 font une pause en championnat après une impressionnante série de 17 matches sans défaite (16 victoires – 1 nul) et un statut de leader qu’elles ont su préserver depuis septembre. C’était le pari de l’entraîneur Sébastien Gandais, revenu aux affaires après une année sabbatique et trois saisons en N1 du côté de Bruguières. Le technicien a su maintenir une homogénéité au sein de tout le groupe et à l’objectif de remonter à l’étage supérieur, s’est rajouté le parcours en coupe de France. Avec ce dimanche, l’ambition de passer le quart et la demi-finale et valider le ticket pour l’apothéose du 23 mai à Paris-Bercy.
Sébastien, il parait que tu as une revanche à prendre avec la Coupe…
Une revanche peut-être pas mais c’est vrai qu’il y 8 ans, j’ai eu la chance de vivre l’expérience du quart et de la demi-finale avec les garçons de Roques-sur-Garonne. On tombe contre St Cyr, un adversaire bien plus fort. On tient une mi-temps, ensuite, ça s’est compliqué. Mais j’en garde un excellent souvenir. C’est un évènement qui marque. J’espère que cette fois dans un contexte différent, on atteindra la finale.
Le quart (contre les Ardéchoises du Teil) est à 9h30. Est-ce que cela demande une gestion particulière de jouer de si bonne heure ?
Oui mais on a déjà connu ça lors du tour précédent. Il faut voir l’aspect positif. Déjà, ça nous oblige à arriver la veille. Après si on passe, ça nous permet d’avoir un peu plus de récupération pour le deuxième match à 15h30.
Il faudra maintenir la concentration…
Je trouve que jouer en premier amène aussi de la pression au match suivant. On se libère de ça. Il faut montrer qu’on est présent d’entrée pour perturber l’adversaire qu’on retrouve en demi. Après, je ne me focalise pas trop sur ça. On sait gérer toutes les situations.
Tu n’auras pas besoin de faire de grands discours pour motiver tes joueuses…
Bien sûr ! Car l’objectif est clair. Si tout se passe bien, dimanche soir, elles seront qualifiées pour Bercy. Je suis un ancien Parisien, je connais l’environnement, je connais l’Arena mais ici, il y a beaucoup de joueuses qui n’imaginent pas ce que cela peut représenter. Et je souhaite qu’elles créent l’événement. Il faut saisir l’occasion. Quand on sera en N2, la Coupe de France il faudra l’oublier, on se fera sortir au 1er ou au 2ème tour.
A l’échelle d’un club comme Pechbonnieu. Qu’est-ce que cela peut amener ?
Un peu de notoriété, de l’expérience et des choses qu’on peut afficher. Je trouve que la Coupe de France apporte plus de visibilité que le championnat. C’est une compétition dont on parle beaucoup. Quand je suis arrivé au club, j’ai sensibilisé les filles. L’adhésion a été immédiate. Et pour un club comme Pechbonnieu qui a peu de moyens, ça donne quand même l’idée de mettre les joueuses dans les meilleures conditions.
A Pechbonnieu, les bases sont solides…
Il y a un nouveau projet sur un cycle de trois ans avec la volonté de valoriser les jeunes dans la formation. Le but est d’avoir et de pérenniser une équipe un peu plus jeune en terme de réserve au nord de Toulouse.
A titre personnel, vu les résultats, estimes tu que ton retour est gagnant ?
Le plus important était de reprendre du plaisir en tant qu’entraîneur. Je suis parti avec une belle image de mon équipe de Bruguières mais j’ai arrêté parce que l’environnement me polluait un peu. Je suis quelqu’un d’assez exigeant envers moi-même, envers les joueuses mais je dois reconnaître qu’elles m’ont redonné goût au plaisir. Ce serait prétentieux de dire que c’est un retour gagnant. C’est plutôt aux joueuses de se demander si elles prennent du plaisir cette année. Je pense avoir amené mon expérience et un peu plus de rigueur.
Est-ce plus difficile ici qu’ailleurs de maintenir une équipe féminine au plus haut niveau ?
Le bassin toulousain est compliqué au niveau de l’exigence. Je suis souvent dans la critique car j’ai connu plusieurs expériences. C’est un bassin qui n’est pas simple à entraîner parce qu’on a du mal à aller dans l’excellence. Les joueuses, pour la plupart étudiantes, ne restent pas plus de trois ans sur place. Il faut qu’on trace notre chemin sans trop se préoccuper de ce que font les autres. L’idée c’est, au contraire, qu’on vienne taper à notre porte quand on va être en N2. C’est ce qui se passe déjà. On nous appelle alors qu’on n’a encore rien gagné. Après, le Graal, ça serait de faire un doublé Coupe-championnat. Pour le club, ça serait historique.
Jamais la Haute-Garonne n’aura été aussi bien représentée dans cet avant dernier tour (à deux matches) de la Coupe de France. Si les filles de Pechbonnieu (N3 régionale) et les garçons de Villefranche de Lauragais (PréNationale) défendront leurs chances en CDF régionale respectivement à Aramon (dans le Gard) et Montpon-Ménestérol (en Dordogne), les joueuses de Flourens qui évoluent en Prénat-D2 seront à suivre en coupe départementale. Egalement à Montpon-Ménestérol. Un 3/3 dimanche soir avec un billet pour Paris-Bercy en poche ? Ce serait… géantissime.
