Il ne faudrait pas que l’infirmerie des Félines ressemble tôt ou tard au hall de la gare Matabiau pendant la 1ère semaine de juillet. Car même si à Toulouse, le banc est de qualité, une ossature amoindrie finira par craquer avec pertes et fracas. Après Julie Soubies et Yasmine Massa, la si précieuse capitaine, c’est désormais au tour de Lisa Guibbert, de mettre le clignotant, ischio jambiers en berne. « C’est toujours gênant de perdre des joueuses cadres, conçoit Clarence Courtade (notre photo de tête) mais celles qui sont aptes doivent prendre leurs responsabilités, chacune a son mot à dire. Cela permettra au groupe de se construire dans sa totalité. » La pivot, étudiante en sciences-po passée par Colombelles et St Amand les Eaux commence à connaître la musique et les vicissitudes de l’antichambre du haut niveau. Comme ses partenaires, ce samedi, elle a activement participé au succès, nécessaire, face aux Tourangelles de Bléré. Au final, un score flatteur (+7 unités d’écart) qui estompe en partie, la contreperformance à St Loubès, une semaine plus tôt. « Ce qui était important, valide Stéphane Pellan, c’était de montrer le visage des Félines qu’on a pu voir l’année dernière. Notre projet de jeu reste le même, une grosse défense alignée, beaucoup de densité et d’impact dans les ‘’9’’, c’est ce qu’on a à peu près bien réussi ce samedi en 1ère mi-temps. » L’entame en effet a été quasi parfaite avec un différentiel conséquent à la pause (+8). Si dans cet intermède, Mélanie Joubert a dissuadé (la gardienne sera d’ailleurs désignée MVP de la soirée), Nina Darricau (photo ci-dessous) a frappé ! Chirurgicalement… comme une guêpe qui agace ses proies et crée un climat d’insécurité permanent… dans ce contexte, ballon en main sur grand espace ou en décalage. L’ailière droite affiche un impressionnant bilan de 11 réalisations (réparties de manière équitable 5 en 1ère, le reste après la pause).
Sans doute piquées dans leur orgueil, les joueuses de Bléré ont tenté de réagir. «En défense, elles ont proposé quasiment une 3-3, difficile à attaquer. » Sans trop d’effets au score car l’écart va rarement faiblir durant la seconde période. Il va même prendre des allures de correction (29-19 à la 46è). Et Nina Darricau qui (pour raisons personnelles) sera absente lors du prochain déplacement, a tiré toutes ses partenaires vers le haut. Et s’appuyant sur une marge confortable, «j’ai eu la possibilité d’intéresser tout le monde. » A l’exception d’Alycia Legoff, tant la prestation de son binôme dans la cage n’a jamais baissé d’intensité (14 arrêts au final pour Joubert). Dans les semaines a venir, quand les efforts vont commencer à peser sur les organismes, le coach devra se glisser dans le costume du gestionnaire des ressources humaines. « Trouver des solutions, c’est un peu mon job, se plait-il à relever. A celles qui seront là et qui auront un peu plus de temps de jeu, de montrer ce qu’elles savent faire. Il faut être en capacité de faire des choix pertinents collectivement, tout en travaillant individuellement. Je n’oublie jamais que ce sont de jeunes joueuses et qu’il faut arriver à les transformer pour qu’elles produisent un petit peu plus. » Chacun conserve dans un coin de mémoire, le parcours de la saison passée où les Félines avaient terminé 2èmes mais également celui un an plus tôt où le maintien n’avait été validé que dans les dernières journées. « On ne peut rien prédire, martèle Clarence Courtade, mais en tout cas, on a la volonté de bien faire et on a des objectifs élevés. Et pour y arriver, il va falloir s’en donner les moyens. » Le prochain adversaire Floirac-Cenon (un des deux promus de N2) n’a toujours pas ouvert son compteur (deux revers en autant de rencontres). Le duel sera intéressant car les Girondines proposeront sans doute, une défense étagée. Les Félines devront ouvrir leur boîte à outils et se montrer peut-être plus inventives qu’à l’accoutumée. Toutes les Félines sans exception. Car dans ce groupe, chacune a son importance.
