R-Naves: Des regrets, certes mais de la fierté !

Alors bien-sûr sur la photo de famille à laquelle personne ne pouvait se soustraire, les regards plongent le plus souvent dans le vide et la défaite est tellement fraîche que certains n’ont pas eu le temps d’évacuer leur frustration. Ils ont tellement cru en ce titre de champion de France UNSS qui leur tendait les bras mais leurs vis à vis du lycée Rimbaud d’Istres ont été plus réalistes, plus rigoureux certainement dans les moments-clé pour ramener le trophée dans l’Académie d’Aix-Marseille. « Oui il y a des regrets car c’était à notre portée, souffle Benjamin Vallée le responsable de la section sportive du lycée Raymond Naves, on n’a pas saisi l’occasion de tuer le match dans les 10 premieres minutes. On avait prévu de mettre les watts d’entrée et on se doutait que derrière, ils allaient tout faire pour revenir. » Les Toulousains ont en effet mis du rythme et avec cette faim de sauter sur tous les ballons qui circulaient, ont surpris les Provençaux (1-6 après 6′). Momentanément. Car passé un temps mort où il était urgent de réagir, l’écart s’est réduit. Et même si devant sa cage, Enzo Ditta (photo ci-dessous) multipliait les prouesses (8 arrêts en 1ère période dont deux sur 7m), les joueurs de Raymond Naves ont baissé d’intensité, se sont trop précipités et ont rendu des ballons à un adversaire qui n’en demandait pas tant. « Istres a réussi à nous faire sortir du match et on a surtout manqué de lucidité sur les circulations de balle et on n’est pas bon sur les shoots de loin. » A la pause, tout était à refaire puisque les Istréens avaient comblé leur déficit (12-12). 

Istres avait remis de l’ordre dans ses rangs et commençait à prendre l’ascendant. A contrario, les Toulousains avaient bien du mal à trouver des solutions en attaque placée, leurs tentatives vont souvent s’écraser sur un bloc istréen bien compact devant un gardien aux sensations retrouvées. A six minutes du terme, Naves pouvait encore y croire. Mais ne profitant pas d’une supériorité numérique, les ballons laissés en chemin vont se multiplier. Le 4-0 infligé en 5 minutes (22-18 à la 37è) sera rédhibitoire, Andy Zoritch (un des dynamiteurs du début de rencontre) et ses collègues n’étant pas en capacité de remonter la pente et conserver l’espoir de revenir (score final: 25-21). D’une année sur l’autre, le trophée reste dans la même Académie puisque Istres succède à Aix. 

Raymond Naves n’aura perdu qu’une seule confrontation dans ce tournoi. Certes la plus prestigieuse mais le parcours est on ne peut plus satisfaisant pour un groupe qu’il a fallu reconstruire (seul Robin Lacanal était des finalités de la saison passée) et des (nouveaux) coaches qui avaient pour mission de maintenir l’excellence au sein d’une section performante. « Je retiens surtout l’adhésion de ce groupe à un projet ambitieux, relève Benjamin Vallée. Les gars ont travaillé, personne n’a fait semblant. On a su impliquer 31 joueurs et jusqu’au dernier moment, quand j’ai donné la liste de ceux qui allaient au « France », tout le monde est resté concerné et s’est pleinement investi. Très sincèrement, ils peuvent être fiers de ce qu’ils ont fait, la médaille d’argent se termine par une défaite mais qui aurait pu penser en septembre dernier lorsque j’ai dirigé le 1er entraînement, qu’on deviendrait six mois plus tard, vice-champions de France ? » Celui qui a succédé au monumental Frédéric Pérez pense d’ores et déjà à la prochaine saison. « Oui, sans tarder, dès lundi (rires). Il y aura un brassage avec les Terminales qui vont nous quitter (Button, Dida, Ditta, Henry, Lacanal), peut-être des transfuges du pôle et ceux qui vont faire leur entrée au lycée, il y a d’ailleurs deux détections prévues courant mai. »  Et tout ce petit monde aura pour mission, encore et toujours de perpétuer l’ADN de la section sportive handball.